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    La Controverse de Moire – La Déesse ailée aux temps avant la Création

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    Abreger – La Controverse de Moire

    Mes deux livres, parus sous les titres de Controverse de Moїre et Horizon de Neith, côtoient plusieurs genres et constituent, dirait-on, un certain essai de réinterprétation, en langue post-moderne, des mythes cosmologiques anciens relatives à la représentation de La Déesse – conceptrice clairvoyante de la projection des mondes; son geste de renoncement au Trône du Soleil, c’est-à-dire celui de retraite dans la profondeur de la Nuit, était interprété à des époques postérieures comme un geste de faiblesse, non pas comme un acte de libre arbitre.

    Seule l’aristocratie de l’esprit est celle qui a suivi le fil de l’explication préhistorique de cet acte à travers les abîmes des temps postérieurs. Et, comme classe inexistante, parsemée un peu partout sur le globe terrestre, elle se distingue par un art de communication pondérée avec les morts, conçue à la manière de Rilke. Aussi en est-il issu une écriture de la lumière, unique trait permettant son identification et qui est, à la fois, le germe de la première idée de démocratie, en tant que décentralisation du trône sacré, divinement animal.

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    Bien que les motifs de ces livres soient anciens, alors que leur langue (le procédé) est post-moderne, j’en ai trouvé une source importante d’inspiration dans la mystique idéaliste allemande, chez les symbolistes français, ainsi que dans le romantisme européen, premier et tardif; mais aussi, dans “La Mort de Virgile”, roman de Hermann Broch.

    C’est précisément dans la condamnation prononcée par Broch contre tout ce qui est esthétique et teinté de romantisme, ou plutôt dans sa tendance à lier, sous condition, l’art au mal, que j’ai vu l’indication du chemin vers une esthétique nouvelle, ainsi que vers une interprétation différente de l’idée que l’on a sur le romantisme.

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    L’ idée de renoncement au pouvoir, de beaucoup plus ancienne que le christianisme , s’est faufilée subversivement à travers le moyen âge et l’époque moderne, sous une forme censurée, de loin plus pittoresque – celle de cosmopoésie – et cela grâce au culte du palimpseste, pour déboucher, par des voies profondément inconscientes, dans la théorie et la litérature de l’époque post-moderne.

    En même temps, j’ai essayé de rendre actuelle, dans mes livres, une voie par laquelle les symboles et les images mythiques se sont “imperceptiblement” incorporés dans les catégories philosophiques de l’Occident, de manière à en constituer un élément infiniment plus subtile, révélant a posteriori une partie de leur substance.

    LA CONTROVERSE DE MOÏRE  – La Déese ailée aux temps avant la Création

    La thèse de ce livre: A la veille du commencement il y avait un dilemme: arrêts pleins d’appréhension de Moïre qui jette dans l’infini du vide un dé de contenu universel: fascination devant l’abîme de décisions qui pourraient être prises; considération de l’éventualité que l’infini lui-même pût devenir légitime au cas où les sceaux de son fourvoiement seraient brisés.

     Les questions posées par ce livre:

     Qu’est-ce qu’il y avait à l’époque antérieure à la création? Si tout  s’y était accompli, à quoi bon la reprise? De quelle manière en était-on  venu à transpercer le globe de cette plénitude par le souffle d’un avenir absolument inconnu, mais envahi, à son tour, par un nouvel âge d’or?

    Qu’est-ce qui existait comme premier et archiunique des éléments, comme forme d’une complète expérience vécue dans le passé? – essence de la décision elle-même qui n’a jamais son sujet (Trône vacant flottant dans la nuit). Et cela pour la bonne raison qu’une décision ne peut être mise à effet que si elle a été énoncée au nom de celui qui l’a prise, non pas au nom de ceux qui ne l’ ont pas encore fait. Quant à Khora Lachésis (première fille/phase) d’Ananké, “espace étroit” de prise de décisions, mesure d’un gothique raffiné de la texture impossible à représenter, étant donné que son regard d’oiselle qui voit en rêvant glisse à travers les mondes inconnus d’autres sujets et, avant de fixer le point de départ de son propre regard réversible, elle ne peut pas énoncer non plus une décision en son nom, mais uniquement au nom d’un labyrinthe infini de mondes par lequel elle passe. C’est pourquoi, en tant que sujet impossible d’une décision absolue (intégrée dans l’enchaînement universel), elle ne peut pas non plus permettre à celle-ci de s’objectiver; elle doit la cacher dans une grande profondeur, jusque sous l’aile de la nuit maternelle. Alors que, à l’opposé, un monde, détaché de celui de source ou bien enfoncé dans le temps par l’oubli, reste gisant.

    En effet, il n’existe qu’une seule décision apriorique dans le sens d’anticipation de l’issue de toutes les décisions non encore prises, mais dont l’image de l’ensemble des formes est insuffisamment nette ou bien vaguement éclairée à travers le brouillard. En tant qu’image réelle de son propre symbole, elle veille au cheminement général de la décision, en mesurant, d’un point d’observation muette, les intensités  des désirs luttant pour sa réalisation, si bien que ceux-ci finissent par lui donner peu à peu une forme tout à fait nouvelle. Afin que cette anticipation (aptitude du chat à voir dans le noir) puisse se cristalliser jusque dans ses détails infimes, elle doit, en tant qu’auteur inexistant, effectuer la chute d’autoextinction jusqu’à devenir un point infiniment minuscule de sa faculté de prévision, exclue du monde, ce qui est une chute en arrière, jusque dans le chaos des désirs fluctuants. Tout désir pris à part, dont la durée de l’intensité n’était pas encore mise à l’épreuve pourrait faire partie constituante de cette décision universelle non énoncée – qui est un cri assourdi de l’isolement primordial (celui de Lachésis). Mais il pourrait aussi bien être interprété comme son contre-coup, sa déviation, et cela, avec une intensité fortement entravée de la réponse à cet isolement primordial dont le silence ne fait qu’éprouver la qualité universelle de la décision elle-même.

    Le retour de cette décision à sa forme initiale devient, en plus, compliqué, du fait que celle-ci avait été prévue, afin qu’elle pût, seulement après s’être rendu compte de son revers, arracher pour elle-même l’étendue du sens que l’on découvre par “illumination nocturne”, soit du bien-fondé de la volonté que l’on s’impose pour se maintenir dans l’espace de tension ou plutôt constamment à l’écart

    de l’abîme de l’absurde qui est le seul à même de fournir la matière nécessaire à l’élaboration d’une nouvelle étendue à lumière plus douce, à l’ombre plus profonde, et cela, en faveur du contre-coup visant son impossibilité apriorique de mettre en œuvre cette décision, c’est-à-dire de se réaliser elle-même; plus précisément, en faveur d’une volonté imperceptiblement agissante, qui est le revers “nocturne” du retour éternel et, à la fois, un monde assistant à la naissance d’une individualité.

    NOTE PRÉLIMINAIRE

    Selon mes connaissances:

    Le message reçu du fond de l’inconscient ou par l’intermédiaire de celui-ci, personnifié ou non, ne peut prendre une expression exacte que sous la forme d’une image géométrique fidèle, mais réduite, c’est-à-dire de celle qui est généralement accompagnée de séries de micro-constructions, qualifiées d’“abrégés des matériaux bruts” /cf. “espaces de l’articulation provisoire”*  qui contredisent presque toujours les règles syntaxiques établies, si bien qu’ils exigent un effort d’adaptation supplémentaire.

    En effet, quand il faut les traduire dans la langue de la logique discursive, c.-à-d. disjoindre leurs couches opaques pour les considérer toutes ensemble dans de nouveaux rapports, alors, en tant que porteuses d’un mesage inconscient, elles manifestent une opacité substantielle, une contradiction intrinsèque qui reste irrésolue. Et c’est là, pour le transmetteur lui-même, un champ préalablement délimité de sa participation ou bien celui de son choix entre deux ou plusieurs valences disponibles de l’abrégé.

    Dans mon cas, une telle possibilité d’option qui m’a été donnée au sein de mon texte, directement provenu de l’abrégé, a entraîné un changement radical de celui-ci en tant que proposition à développer ici; c’est-à-dire, elle a causé un détour complet de ce qui semblait être, dans cette proposition, la version initiale, – linguistiquement surchargée, maniériste sous condition – étant donné que toute manière développée à un haut degré est une expression concise du tréfonds de l’inconscient, équivalant à l’esquisse de la thèse principale, ou bien à la voie à suivre dans l’élaboration du motif de celle-ci.

     

    Car, à mon avis, seule l’opacité des motifs propre aux romantiques est la source intarissable de la création, c’est-à-dire celle des variantes, et cela jusqu’au moment illuminateur de l’innovation qui amène la rupture.

    En effet, c’est dans l’espace de “la décision” de Moïre, insuffisamment défini, que j’ai découvert son point-clé: “la décision altérée”; celle-ci est confirmée également par mon esquisse géométrique que j’avais laissée de côté à cause de son interprétation inachevée, mais que j’ai placée à la fin de mon texte, en tant que cause finale du livre.

    Car: c’est précisément l’esquisse géométrique qui correspond à la seule chose que je puisse, à bon droit, qualifier de source primaire de mes connaissances, ou plutôt, de fond obscur de mes textes écrits, – image en relief, trace d’une époque fascinante qui, par le dernier souffle de son expiration, s’est transformée en paysage. Et c’est à ce texte primordial de la nature que je suis renvoyée précisément par l’intensité de mon état d’excommuniée du sein de la présente réalité sociale.

    L’auteur,

    Catherine Ristitch Aglaé 

    Traduction: Zoritza Hadji-Vidoikovitch

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